Grand Raid Pyrénées

L’avant course

La préparation du Grand raid s’est déroulée en 3 étapes :

 

Octobre 2013-Février 2014 : Cycle vitesse avec le 10 km d’Attichy, les cross court et long. Cette phase, sans avoir de résultats probants, va être déterminante dans la réussite de la saison.

 

Mars 2014-Mai 2014 : Cycle Seuil/Endurance avec les trails d’Agnetz, de Beauvais, de Compiègne et le raid du Vald’oise. Ce cycle permet de montée en kilométrage et en durée.

 

Mai 2014 – Aout 2014 : Cycle Endurance avec des week end choc, l’ardenne mega trail (93 km et 4000m+), et un week end à la plagne avec au programme la 6000d, une rando de 8h le lendemain et une rando de 5 h le surlendemain.

 

Le 21 août 2014, veille du départ, je suis serein et confiant pour affronter le Grand Raid des Pyrénées…164 kms…10 000 m+.

ProfilUltra

La course

 

1ère partie : Vielle Aure – Artigues (30 km ;  2012 m+ ;  1613 m- ; Durée de l’étape :  5h44)

 

5h00 du matin, Vielle-Aure. 800 partants.

 

Nous nous plaçons avec Benoit, le copain d’aventures,  en fin de peloton pour éviter le départ trop rapide et pour pouvoir gérer notre course tranquillement. Nous avons décidé de partir doucement, et partir doucement sur un ultra trail, c’est marcher dès le premier faux plat montant ! Nous entamons la première véritable montée pratiquement en dernière position.

 

Les 14 premiers kilomètres consistent en une montée de 1400 m+, les chemins sont larges, nous montons tranquillement en passant au dessus des nuages pour admirer le lever du jour, magnifique !

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Petite redescente vers le premier ravitaillement, j’avale une  soupe aux vermicelles et prend avec moi deux petits sandwichs jambon pour la route. Ce sera mon régime pendant 35h !

 

Le chemin se poursuit le long de 3 lacs, avant d’arriver au col du Bastanet à 2509 m. Le sentier n’est pas facile, de petits cailloux succèdent aux gros cailloux mais cela passe sans soucis.

Montée du col

Montée du col

La descente se fait sur le même type de chemin, cela me convient, la descente de 7 km et 1000 m- est agréable jusqu’à Artigues. Nous arrivons à 10h44. Notre équipe d’assistantes nous attend. Nous prenons le temps de bien manger et de bien boire, nous sommes en avance sur notre planning, rien ne sert de s’affoler !

 

Descente vers Artigues

Descente vers Artigues

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2ème partie : Artigues –  Pierrefitte (45 km ; 2482 m+ ; 3197 m- ;  Durée de l’étape : 9h28 ; Durée totale : 15h13)

 

 

Petite bise aux assistantes et nous repartons pour le premier gros morceau de la course : la montée du Pic du Midi, 10,5 kms et 1686 m+. Dés la sortie du ravito, la montée se fait raide. Nous prenons un rythme régulier. Nous quittons le soleil pour un long moment, une pluie fine se met à tomber et plus nous avançons plus le froid se faire sentir.

 

Arrivée au col de Sencours, Benoit ressent un gros coup de fatigue, il va s’allonger un peu au ravitaillement. Je continu seul. Il repartira mais abandonnera à Hautacam quelques heures plus tard, épuisé.

 

La montée finale du Pic du midi est glacial, je fais la petite erreur de ne pas mettre les gants, ça pique !! Je ne m’attarde pas au sommet et redescend au ravitaillement de Sencours. Il est bondé. Tout le monde est trempé et se jette sur la soupe mais tout cela dans une excellente ambiance sans agressivité. Je retrouve mon équipe d’assistantes qui a affronté les éléments pour venir jusque là, trop forte !!!

 

Je repars au bout d’un quart d’heure. Le chemin jusqu’à la base de vie de Pierrefitte est long et sans ravitaillement avant Hautacam, soit environ 4h sans ravito en eau.

Vue depuis le col de Sencours

Vue depuis le col de Sencours

Le temps est toujours humide mais les chemins restent bons, ce qui permet d’avancer sereinement et régulièrement. Cette partie est toutefois, pour moi, la plus difficile avec l’enchainement du col de la Bonida (102 m+ en 700 m), du col d’Aoube (161m+ en 800m) et le col de Bareilles (205 m+ en 1500 m) qui ne sont pas de longues montées mais bien cassantes entrecoupées de descentes raides. Et surtout, une dernière partie entre Hautacam et Pierrefitte de 12 km pour passer de 1509 m à 475 m d’altitude, où je retrouve des chemins plus raides et boueux.

 

C’est avec plaisir que je retrouve ma dream team à la base de vie de Pierrefitte. J’y reste 50’ pour manger et me changer complètement pour affronter la nuit qui s’annonce fraiche. Je sors à 21h04, mais je suis stoppé par le bénévole qui me demande d’attendre quelqu’un pour ne pas partir seul car le brouillard est dense… la nuit s’annonce bien !!!  J’obéis quand même en sachant que nous attaquons LE morceau de la course avec la montée du Cabiliros soit 15 km et 1859 m+ !

 

3ème Partie : Pierrefitte – Caureret (26.7 km, 1912 m+, 1492m-, Durée de l’étape : 8h07, Durée totale : 23h20)

 

Je pars avec deux compagnons de route, mais je ne suis pas le partenaire idéal étant donné que j’ai mis mon mp3 pour me mettre dans ma bulle pour passer la nuit correctement. Leur rythme est d’ailleurs trop lent et je me retrouve seul dés les premiers lacets. Le brouillard se fait effectivement de plus en plus dense, mais je suis sur une mono-trace donc pas se soucis pour suivre le chemin. Les choses vont se compliquer peu après, une fois arrivée sur les prairies à 1500/1600 m d’altitude.  J’ai été rejoins par un concurrent, nous montons ensemble mais commençons à ne plus bien voir les balises et nous sommes obligés de nous arrêter plusieurs fois. Par chance nous arrivons un recoller à un groupe. La montée se fait alors plus en sécurité, même si nous hésitons encore par moment.

 

J’arrive à 23h48 à Pouy droumide. Je n’ai pas spécialement sommeil et j’ai encore 5km et 726 m+ de montée. Mais je suis ma stratégie de course, je m’allonge pour dormir une demi-heure. Dormir est bien grand mot, surtout quand les bénévoles en service sur le ravito, ont transformé celui-ci en boite de nuit !! C’était sympa quand même !  A 00h30, une bénévole vient me réveille. Je mange un morceau et boit du thé avant de repartir dans la nuit. Je débute la fin de la montée avec un nouveau concurrent mais rapidement nous nous perdons, ou plutôt nous nous arrêtons. Impossible de voir les balises. Un groupe nous rattrape. Il y a permis celui-ci un gars qui a un véritable phare, la nuit s’éclaire !

 

Paysage de nuit!

Paysage de nuit!

Nous finissons la montée ensemble. Dés les premiers lacets de la descente le groupe se disperse. Le brouillard est moins dense de ce côté si de la montagne, chacun retrouve son rythme de croisière. C’est là que se produit ma seule frayeur la course ! Sur une descente facile, mon pied droit glisse, je tombe et mon genou se retrouve en hyper flexion..aïe !! Je me relève inquiet, tâte mon genou, le fait bouger, cela semble aller. Je continu prudemment. Mais j’aurai une petite douleur jusqu’à l’arrivée.

 

4ème Partie : Cauterets – Esquieze (20 km , 1076m+ , 1259m-, Durée de l’étape : 5h04, Durée totale : 28h24)

 

4h20 du matin : J’arrive à Cauterets. La fin de descente de passe bien. Le ravito est en faite un véritable dortoir –hôpital ! Beaucoup de participants dorment ou se font soigner. J’ai bien fait de dormir en début de nuit. La barrière symbolique des 24 h de course approche mais je n’ai vraiment pas besoin de me reposer. Je bois et mange correctement et sors rapidement pour grimper le col de Riou. Et hop encore 1000 m+ sur 8 km, ça n’arrête pas mais bon je suis venu pour ça….je ne ressent aucune lassitude, c’est cool !

 

C’est d’ailleurs une belle montée régulière qui devient toutefois un peu monotone et au lever du jour, je commence à bailler. Le sommeil me rattraperait –il ? Je décide de continuer, je verrai bien au prochain ravito. Je discute avec un réunionnais et un jeune de Tarbes qui par chance est très bavard, ce qui me réveille pour la fin de la montée et me fais passer l’envie de dormir. La descente vers Aulian est sans difficulté, la méteo semble s’améliorer.

 

C’est là, où j’ai mes premières hallucinations ! Je prends des chardons pour des marmottes qui se mettent les pattes sur les oreilles pour ne pas entendre !!! Je dois m’approcher pour me persuader que ce n’est pas des marmottes…C’est donc vrai, on peut avoir des hallucinations sur un ultra !!

 

J’arrive au ravito, qui est un restaurant d’altitude. L’ardoise, qui n’a pas du être effacé depuis l’hiver annonce Steak-haché Frite, je salive et pense déjà à l’entrecôte d’après course !!!

 

La fin de la descente vers la base de vie d’Esquièze n’est pas marrante et demande beaucoup d’attention, le terrain est très glissant et boueux, je suis très prudent. Mais le côté franchement négatif, c’est de nous faire emprunter une route goudronnée sur 5 kms avant le ravito, vraiment pas sympas, ce sera le seul point noir du parcours.

 

J’arrive à 9h25 à la base de vie. Je récupère mon sac. Nous n’avons pas beaucoup de place mais j’en ai assez pour me changer complètement. Les bénévoles me confirment que la journée va être agréable. Je m’habille léger. Je ne reste que 30’.

 

5ème partie : Esquièze – Hourquette Nère (20.6 km, 1951 m+, 208 m-, Durée de l’étape : 5h41, Durée totale : 34h05)

 

C'est reparti sous le soleil!

C’est reparti sous le soleil!

 

La suite est une longue et douce montée vers la dernière  difficulté du raid. Je suis un trio et me calle sur leur allure, ils marchent, je marche, ils courent, je cours…c’est reposant, ça me permet de pendre le temps de regarder le paysage et je m’aperçois que ce n’est pas le plus beau coin de la vallée. Jusqu’à Tournaboup nous restons en dessous de 1300m ça monte tranquillement. Au ravito de  Tournaboup, je ne reste que 10’, le soleil est là, il fait beau, le parcours retourne sur la partie sauvage, je veux en profiter.

Cette partie est magnifique. Mon allure diminue franchement, mais cela ne me démoralise pas. Je prends mon temps. Je calcule simplement si je peux finir sous les 40h. Après 4h de calcul je pense que ça devrait le faire !

 

Je passe à Hourquette Nère à 15h36.

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Dans la montée d'Hourquette-Nère

Dans la montée d’Hourquette-Nère

6ème partie : Hourquette Nère –Veille Aure (21.2 km, 375m+, 2049m-,Durée de l’étape : 4h11, Durée Totale : 38h47)

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Je me lance dans une longue descente de 20 km. Le sentier est accidenté mais j’avance tranquillement sur de ma réussite. Je croise des randonneurs qui m’encouragent et parfois discutent en m’accompagnant quelques minutes. C’est sympa. Je retrouve ma petite équipe après le dernier ravitaillement  de Merlans. Je suis content de la revoir et de partager la dernière petite grimpette avec elle.

 

Dernière grimpette avec la team...on refait déjà la course !

Dernière grimpette avec la team…on refait déjà la course !

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La suite de la descente est un plaisir immense. J’arrive à courir (à 7 de moyenne…on ne rigole pas !!) sur toute la descente. Je suis heureux de pouvoir finir comme ça. Je dépasse des concurrents, c’est une extraordinaire sensation. Je serais largement en dessous des 40h, vraiment une course parfaite !

 

Une descente à fond (si, si à fond !)

Une descente à fond (si, si à fond !)

 

Encore quelques mètres sous les applaudissements

Encore quelques mètres sous les applaudissements

Pour les émotions à l’arrivée…je garde ça pour moi !!

 

Avec la dream team des assistantes et la médaille !!

Avec la dream team des assistantes et la médaille !!

 

Résultat officiel

159 Bauchy Damien [3576] Beauvais Ouc 60510 V1H 23/08 19:48:45 38:47:33

 

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